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La France mise sur Mistral AI et écarte OpenAI: l'État déploie son assistant à un million de fonctionnaires

tech2026-08-20 · 4 min read · 0 reads

Le gouvernement français généralise un assistant d'intelligence artificielle fondé sur Mistral AI à près d'un million d'agents, tout en excluant OpenAI de ses audits de cybersécurité au nom de la souveraineté.

La France affiche une ambition claire en matière d'intelligence artificielle, celle de renforcer sa souveraineté technologique et de réduire sa dépendance vis-à-vis des grandes plateformes américaines. Au cœur de cette stratégie se trouve la société française Mistral AI, désormais privilégiée par l'État dans plusieurs domaines stratégiques.

Un assistant pour un million d'agents

La France généralise un assistant d'intelligence artificielle fondé sur Mistral AI à près d'un million d'agents publics. (Image d'illustration)
La France généralise un assistant d'intelligence artificielle fondé sur Mistral AI à près d'un million d'agents publics. (Image d'illustration)

L'une des mesures les plus emblématiques de cette politique est le déploiement à grande échelle d'un assistant d'intelligence artificielle au sein de l'administration. Baptisé simplement L'Assistant, cet outil est désormais généralisé à environ un million d'agents de l'État connectés au réseau interministériel, un chiffre qui peut atteindre 1,1 million en incluant les professeurs.

Avant cette généralisation, l'outil avait été soigneusement testé sur le terrain. Une phase d'expérimentation avait ainsi réuni 10 000 agents pendant une durée de dix mois. La décision de généraliser le dispositif a été annoncée le 16 juin 2026, à la veille du salon VivaTech, sous la responsabilité du ministre David Amiel, chargé de l'Action et des Comptes publics.

Une technologie souveraine

Sur le plan technique, l'Assistant a été développé par la Dinum, la direction interministérielle du numérique, en partenariat avec la société Mistral AI. Un point essentiel de ce projet réside dans son hébergement, qui s'effectue dans un environnement souverain français. Le coût estimé de la généralisation s'élève à environ 750 000 euros.

Les capacités de l'outil sont variées et couvrent de nombreux besoins du quotidien administratif. L'Assistant permet notamment la rédaction et la reformulation de textes, la synthèse de documents, la recherche d'informations ainsi que la traduction. Ces différentes fonctionnalités visent à faciliter et à accélérer le travail des agents publics au quotidien.

Des résultats encourageants

Les premières évaluations de l'outil se révèlent plutôt positives. Selon les données disponibles, 75 pour cent des agents jugent l'outil utile, tandis que 65 pour cent d'entre eux le recommanderaient à leurs collègues. Par ailleurs, 56 pour cent des utilisateurs déclarent avoir réduit leur recours à des solutions considérées comme non souveraines.

Les gains de productivité mesurés sont également notables et concrets. L'utilisation de l'Assistant permettrait une amélioration de l'ordre de 12 pour cent sur les tâches de rédaction et de 16 pour cent sur la synthèse de documents. Ces chiffres illustrent l'intérêt réel que peut représenter cet outil pour le bon fonctionnement des services publics.

Lutter contre l'IA fantôme

Au-delà des gains d'efficacité, ce déploiement répond à une préoccupation bien précise, celle du phénomène dit de l'IA fantôme. Ce terme désigne l'utilisation non déclarée d'outils d'intelligence artificielle publics par des agents en quête de productivité. En proposant une alternative supervisée, gratuite et hébergée en France, l'État espère mieux encadrer ces usages informels.

Une riposte après une cyberattaque

La stratégie française s'est également manifestée dans le domaine sensible de la cybersécurité. Le 18 août 2026, à l'issue d'un Conseil des ministres tenu à Paris, le gouvernement a annoncé son intention de recourir à des outils d'intelligence artificielle pour détecter les vulnérabilités de ses services publics. Cette décision fait suite à une importante cyberattaque.

L'attaque en question a visé la Direction générale des finances publiques, la DGFiP. Détectée à la fin du mois de juin 2026, cette intrusion a compromis les données d'environ 700 000 contribuables. Les informations dérobées comprenaient des noms, des coordonnées, des numéros fiscaux, des taux de prélèvement ainsi que des historiques de correspondance, mais pas les mots de passe.

Mistral choisi, OpenAI écarté

C'est dans ce contexte que le choix du gouvernement s'est révélé particulièrement clair. Le ministre David Amiel a explicitement indiqué que l'État ferait appel à des entreprises d'intelligence artificielle souveraines, à l'image de Mistral. Il a toutefois précisé un point important, à savoir que cette démarche excluait expressément la société américaine OpenAI.

Cette prise de position illustre la volonté de la France de privilégier l'indépendance technologique européenne face aux plateformes américaines. En intégrant ainsi Mistral dans ses priorités, l'État envoie un signal fort quant à sa détermination à ne pas se placer dans une situation de dépendance vis-à-vis d'acteurs étrangers dans un domaine aussi sensible.

Le programme Notre IA

Ces différentes initiatives s'inscrivent dans le cadre d'un programme plus large baptisé Notre IA. Celui-ci vise à déployer des outils souverains, notamment à travers le système de l'Assistant conçu par la Dinum. L'hébergement de ces solutions s'effectue exclusivement dans des centres de données certifiés selon la norme de sécurité SecNumCloud, un véritable gage de fiabilité.

Une ambition affirmée

Au total, l'ensemble de ces mesures traduit une ambition assumée de la part de la France, celle de reprendre la main sur ses propres usages numériques. Du déploiement massif d'un assistant à la sécurisation de ses infrastructures, en passant par le choix affirmé de champions nationaux, le pays cherche à bâtir une intelligence artificielle à la fois performante, sécurisée et véritablement souveraine.

Camille Fontaine
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Camille Fontaine
2026-08-20 · 4 min read · 0 reads
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